« J’ai peut-être des dispositions me venant de mon père, pour aimer la mécanique et la vitesse, mais comme beaucoup, je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit, et j’y suis resté ». C’est dit.

En attendant de pouvoir se lancer dans le grand bain, Alfred, à 14 ans, apprend ses gammes en karting. «Un peu en compétition et beaucoup en loisirs », et goute ponctuellement aux plaisirs de la formule Renault de son père Guy. C’est sur une 205 GTi d’emprunt, qu’à 18 ans, et chez lui, au slalom des Ecuries d’Augias qu’il fait ses premiers pas en sport auto. Depuis il n’a jamais quitté cette discipline. Pourquoi ?  « Pour plusieurs raisons : « financièrement, c’est accessible, le risque de casser le matériel est très faible, et j’aime bien le concept du contre la montre. Les runs sont peut être plus courts mais intenses ». Mis à part une période en Clio Williams groupe A, Alfred a quasiment toujours couru en monoplace. D’abord sur la formule Renault paternelle, puis sur l’actuelle Dallara, elle aussi propriété de Guy, sauf le moteur qui est à Alfred. Mais pourquoi la monoplace ? « C’est la suite logique après le kart, que je pratique toujours. De plus ce sont les autos qui s’imposent au scratch. Et puis mécaniquement, c’est quand même très simple. Avec l’aide d’un usineur ou d’un chaudronnier, on peu tout réparer ou modifier soit même. On se fait autant plaisir à essayer d’améliorer la voiture, que de rouler avec. Par contre pour faire des temps, il faut beaucoup rouler pour acquérir les bons reflexes. C’est aussi pour cela que je fais encore du kart, où les reflexes à avoir sont très proches de ceux que demande une monoplace ». Une démarche qui porte ces fruits, dès 2006, où à Lezay, au slalom des Ecuries d’Augias, théâtre de sa première course, Alfred remporte son premier scratch. Plus d’une vingtaine d’autres suivront. Etre devenu une référence dans la discipline, est bien, mais un titre c’est encore mieux. Pour la finale 2015, Alfred,  après presque dix ans de slaloms et de mise au point de la voiture, stagnait dans le top 5 à chaque finale. La seule solution pour remporter cette finale était de modifier profondément la voiture. Il a donc fallu investir notamment dans la préparation du moteur avec passage au banc à rouleaux, et modifier l’aérodynamisme, avec pour seul objectif, la victoire. « Dès le début de saison, en avril à Corcoué, où je gagne,  on a senti que la voiture avait le potentiel. Par la suite, j’ai remporté toutes les courses sauf celle de Lezay, chez moi, où mon éternel adversaire (David Bézinaud) me passe devant pour quelques centièmes ». Comment s’est déroulée ta finale ? « On est parti à Lohéac, avec une certaine frustration, car la météo annonçait la pluie. Et vu la nouvelle configuration de notre Dallara, nous nous sommes dit que c’était foutu, car nous n’avions pas les pneus adaptés. Finalement, le samedi, le soleil est de la partie. Pour moi, c’est l’heure de vérité, car, Urreizti, le multiple champion de France est présent, donc l’homme à battre. Aux essais, je monte des pneus neufs pour les roder, et établi le meilleur temps. En première manche, sur le sec, Urreizi me devance de 4/10e. La pluie est annoncée pour le lendemain pour la 2e manche, je me dis que pour la victoire s’est mal parti. Effectivement, il pleut pendant la nuit, mais la piste est sèche pour la 2e manche, où j’améliore mon chrono de plus d’une seconde. Dans la 3e, sur une piste toujours sèche, Urreizti, revient à 27/100e mais je reste en tête. La pluie arrive quinze minutes avant le passage des monoplaces dans la dernière manche. Les jeux sont faits. Je suis Champion de France. Une grande récompense pour toute l’équipe, qui a passé beaucoup de temps à faire évoluer l’auto pendant l’intersaison ». Et maintenant ? « Je repars pour une nouvelle saison de slaloms, sans apporter de grosses modifications à la voiture. Et si je peux, bien que le tracé de Lezay n’est pas celui sur lequel je suis le plus à l’aise, remporter la finale 2016, chez moi, et de plus organisée par mon père, serait merveilleux. J’ai mes chances, mais c’est loin d’être gagné ». Toi, le spécialiste des slaloms, aimerais-tu rouler dans une autre discipline ? « J’aimerai bien la côte, mais c’est dangereux. Si je devais y aller, ce serait avec une barquette. Peut-être un jour, tant que je peux courir ».

 

 

 

 FICHE IDENTITE

Nom : ARPIN

Prénom : Alfred

Né le : 8/09/1978

Profession : Ingénieur motoriste

Situation de famille : Marié – 2 enfants

ASA : Augias, Ecurie Angélique

 

 

 

 

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à vos centres d’intérêts.