Dimanche 8 octobre, Rallye du Sarladais, ES de St Cirq, au freinage du PK 6,9, la 208 T16 n° 1 pilotée par Anthony Mora, échappe à son pilote et va taper très fort sur un arbre. Anthony décède sur le coup. Son copilote, Florian Moinet est indemne. La course est stoppée et tous rentrent aux Eyzies où la directrice de course confirme la disparition d’Anthony et l’arrêt définitif de la course. Vendredi 13, à Marcillac St Quentin, à 15h, plus de 2000 personnes sont présentes à ses obsèques. Après la cérémonie religieuse et le cimetière, votre serviteur avait organisé, un hommage à Anthony sur les lieux de l’accident. Là aussi nous étions très nombreux pour nous recueillir et déposer des fleurs au pied de ce « putain » d’arbre. C’est la gorge serrée et les yeux rouges, que Hugues Delage dira : « C’est comme si je venais de perdre un  fils ». Retour sur la carrière d’Anthony, avec l’aide de son ami d’enfance, complice de toutes ses facéties mais aussi sont copilote pendant de nombreuses années, Francis Blanchard.         

 

                

Comme beaucoup, Anthony a débuté dans les sports mécaniques, par la moto, en faisant du moto-cross et du super-cross. Et déjà, il se fait remarquer par son sens de l’attaque. Permis en poche, il s’élance dans le sport auto en 1993, avec une Alfa Sprint (baptisée Choupette). Avec, il participe aux courses de côtes de la région (Vélines, Coursac …). L’année suivante, cap sur le rallye, avec l’ami Francis dans le baquet de droite, sans oublier les courses de côtes et le slalom de Boulazac : «On s’était partagé la voiture. Moi j’ai terminé 20e et lui 40e. Il tirait la gueule ». Changement de monture en 1995, où son père lui monte une Fiat Uno Turbo, avec laquelle Anthony et Francis débutent la saison au 1er rallye du Sarladais. « On avait le numéro 46 ». Six autres rallyes suivront. Mais Anthony, se rend très vite compte, que la Uno ne peux suivre les R5 GT Turbo. Son père, arborant le panneau Alfa Roméo, ne veut pas entendre parler de Renault. Anthony, fait alors le forcing auprès de sa mère, qui fini par faire plier son mari et en 1996, le duo Anthony-Francis roulent en R5 GT Turbo, et ce jusqu’à fin 1999. « Avec cette auto, nous étions souvent dans les 5 au scratch ». C’est aussi l’année ou Anthony participe à l’opération Rallyes jeunes, et échoue en finale face à Bernardi. Déçu, mais rassuré sur ses capacités,  Anthony  en veut plus, et en 2000, il remplace la R5 GT par une R11 Turbo groupe F avec laquelle il s’offre sa première victoire scratch. La première d’une très longue série. « Avec cette auto, nous étions sur le podium scratch, quasiment à chaque course. Nous avons même terminé 11e de la finale de Mazamet, où dans le brouillard, nous avons fait des trucs dingues ». 2003, marquera un grand changement pour Anthony, avec l’acquisition de la BMW M3 groupe A de Jean Luc Beaubelique, et le début d’une longue et solide amitié avec Hugues Delage, qui le prend sous sa coupe. Bien vite la M3, laisse la place à la 318 Compact, et en dix ans,  malgré quelques « calottes » cette BMW Made in Delage, deviendra la Compact la plus titrée de France. 2014, marque un changement dans la vie d’Anthony en ouvrant un restaurant dans la commune de Cénac, à une petite poignée de kilomètres de Sarlat. Du coup il ne participe plus qu’à une seule épreuve par an. Le Sarladais, son épreuve fétiche, qu’il a remportée à 11 reprises, dont la dernière l’an passé sur la 207 S2000 de son ami Reynald Moinet. Sa compact n’étant pas prête, Reynald lui propose sa 208 T16 pour l’édition 2017. La suite on la connait, hélas. Sarlat perd un de ses fils, le sport auto un grand pilote, et nous, un ami cher. Et comme l’a si bien chanté Michel Sardou lors de la cérémonie à l’église, « Je suis venu vous dire salut, et puis merci d’être venu ». Grand couillon, tu as du bien rigolé en nous voyant tous chialer comme des madeleines. Impossible de t’en vouloir. Une dernière fois je t’embrasse et te dit : « Salut ma poule ».

                                                                                                   

 Texte Gérard Coëffe    Photo Christophe Dijoux

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